Selon l’enquête annuelle menée par le Foreign Correspondents Club of China, Pékin a multiplié les obstacles au travail des représentants des médias internationaux en 2020.
Les conditions de travail des journalistes étrangers basés en Chine ne se sont pas améliorées en 2020, au contraire. Selon l’enquête annuelle menée par le Foreign Correspondents Club of China (FCCC) auprès de ses 220 adhérents, dont Le Monde, Pékin a encore eu recours à des expulsions ou interdictions de sortir du territoire, ainsi que des permis de résidence à durée réduite destinés à faire obstacle au travail des journalistes. L’expulsion d’au moins 18 journalistes étrangers travaillant pour le Washington Post, le New York Times et le Wall Street Journal au premier semestre de l’année fut le fait le plus marquant de 2020. Il s’agit d’un mouvement d’une ampleur jamais vue depuis 1989, au lendemain du massacre de Tiananmen, souligne le rapport du FCCC. Ces expulsions étaient des représailles contre Washington, qui avait de son côté expulsé des reporters chinois travaillant essentiellement pour des médias d’Etat chinois. Par ailleurs, l’attribution de permis de résidence de moins d’un an, qui concernaient seulement quelques journalistes en 2019, ont connu une forte progression en 2020. Au moins 13 correspondants travaillant pour la BBC, Voice of America, The Economist, The Globe and Mail, Le Monde, The New York Times, Sankei Shimbun, Süddeutsche Zeitung, Telegraph, The Times et The Wall Street Journal ont reçu des permis de résidence en Chine pour une durée inférieure ou égale à six mois. De plus, certains journalistes de différentes nationalités, accrédités pour des médias américains, ne reçoivent plus la carte de presse qui conditionne le permis de résident. A la place, on leur envoie une simple lettre qui leur permet de rester en Chine seulement deux à trois mois. Enfin, certains journalistes ont reçu l’interdiction de sortir du territoire chinois en 2020. Les autorités locales ont également profité de la crise sanitaire pour empêcher les journalistes étrangers de faire leur travail, et pour limiter les entrées de journalistes étrangers en Chine. Interrogé sur ce rapport, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Wang Wenbin, a rappelé que la Chine ne reconnaissait pas “cette organisation” et que ce “prétendu rapport est basé sur des idées reçues plutôt que sur des faits”.


