Décidé à agir contre le sexisme et les discriminations dans le milieu du journalisme sportif, le collectif Femmes journalistes de sport compte aujourd’hui plus de 150 adhérentes.
Né fin 2020 dans l’intimité d’un groupe de six femmes composé de Mejdaline Mhiri (rédactrice en chef du trimestriel Les Sportives), Laurie Delhostal (ex-Canal+), Sarra Djeghnoune (étudiante), Tiffany Henne (ex-RMC), Chrystelle Bonnet (L’Equipe), et Sarah Saadi-Garcia (pigiste), le collectif Femmes journalistes de sport s’est officiellement lancé le 21 mars au travers d’une tribune publiée dans les colonnes du journal Le Monde. Une date symbolique étant donné que Canal+ diffusait le même jour le documentaire de Marie Portolano, “Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste”, qui a fait le buzz en dénonçant le sexisme dans le milieu du journalisme sportif. Outre les répercussions que le film a eues au sein des services des sports de Canal+, de Radio France et de RMC par exemple, le documentaire de la journaliste, qui a récemment quitté Canal+ pour rejoindre M6, a aussi dopé les adhésions au collectif Femmes journalistes de sport. En quelques jours à peine, plus de 150 femmes y ont adhéré, selon Le Monde le 27 avril. De plus, les deux tiers environ ont assisté aux deux premières réunions plénières, la semaine dernière. Le premier objectif du collectif était de se compter, afin de se doter d’une base de comparaison. Par exemple, selon l’Observatoire des métiers de la presse, le métier de journaliste dans son ensemble compte 52,5 % d’hommes et 47,5 % de femmes, alors qu’on dénombre “5 830 journalistes sportifs titulaires de la carte de presse, parmi lesquels 14 % de femmes” au sein de l’Union des journalistes de sport en France (UJSF). Si le collectif Femmes journalistes de sport est entièrement féminin, il entend néanmoins mener son combat avec ses confrères masculins. Certains d’entre eux le soutiennent d’ailleurs publiquement comme le commentateur star de TF1, Grégoire Margotton. “J’ai commencé ma carrière en 1992, à une époque où on était encore dans le patriarcat absolu. J’ai vu évoluer des comportements individuels, mais pas encore, ou pas assez, les comportements collectifs”, a-t-il indiqué au Monde.


