Marine Le Pen est arrivée à 19h50 aux studios du Lendit où se déroule notamment «The Voice», accueillie par Delphine Ernotte et Gilles Pélisson, respectivement présidente de France Télévisions et PDG du groupe TF1. Emmanuel Macron l’a suivie de près : 10 minutes exactement. Chacun des deux prétendants à l’Elysée, entouré de son état-major, a visité le studio pour en vérifier les aménagements. L’occasion pour Marine Le Pen de toiser le fond jaune se confondant avec sa chevelure et pour Emmanuel Macron d’essayer le fauteuil. Tout ce petit monde s’est ensuite retrouvé dans sa loge respective, sans jamais s’être croisé. Avant le débat, le président semblait scrutateur, prenant des notes face à une rivale qui se voulait détendue, mais qui a commencé à parler sur le générique avant de s’excuser et de proposer de décompter son temps de parole. Son introduction très «Moi présidente» a rappelé celle de François Hollande. Le président a choisi de parler «des crises sans précédent, les peurs, les inquiétudes sont là». Le premier tacle est venu de la candidate à moins de 10 minutes : «Je vous ai vu vous réjouir d’avoir augmenté le pouvoir d’achat.» A 21h12, attaqué sur son bilan, le président fait remarquer que dans les 22 propositions de Marine Le Pen, il ne trouve pas le mot «chômage». Marine Le Pen, bien préparée mais hésitante, le regarde dans les yeux alors qu’Emmanuel Macron esquive son regard avant de la fixer au moment de lui donner un cours magistral sur les charges patronales et salariales. A ce moment, le rapport de force s’est inversé. La représentante du RN a joué la carte de la proximité avec les Français quand son opposant a été plus à l’aise avec la réalité des réformes. Les deux journalistes sont restés discrets, voire invisibles, à part quelques tentatives de relance de Léa Salamé. P.C. et S.M.

