Auditionné par la commission des lois du Sénat le 22 juillet, le nouveau ministre de la Justice, a vigoureusement défendu la présomption d’innocence, ainsi que le secret de l’instruction. A cette occasion, le garde des Sceaux s’est montré très critique envers les médias. “J’ai vu une dégradation des choses au point que la présomption d’innocence aujourd’hui est reléguée au rang d’accessoire. Tout le monde s’en moque ! On consacre des émissions à des affaires qui sont en cours d’instruction. Une heure et demie ! Un homme se fait déchiqueter. On entend des témoins à charge. On a la certitude qu’il est coupable”, a-t-il déclaré. “Vous avez en fin d’émission la petite phrase magique : ‘Rappelons que Monsieur Bernard Jean- Jean est présumé innocent’. Ça, ça ne peut plus durer !”, a ajouté l’ancien avocat avant de souligner l’importance du rappel de la présomption d’innocence dans les médias. “Ce travail ne peut être fait qu’avec les journalistes. Sinon, nous encourons le risque majeur d’être considérés comme d’insupportables censeurs qui s’en prendraient à la liberté de la presse. La presse a beaucoup de droits. Elle a aussi des devoirs”, a expliqué Eric Dupond-Moretti qui a souhaité “faire un travail avec les journalistes sur cette question”.

