Dans son rapport “La politique de soutien à la production cinématographique et audiovisuelle : un changement nécessaire”, dont Les Echos s’est procuré une copie, mardi, la Cour des comptes ne ménage pas le secteur de l’audiovisuel. D’après elle, la politique de soutien mise en place depuis 30 ans a donné des “résultats décevants”. La Cour se montre particulièrement sévère sur l’audiovisuel, qui “bénéficie d’un système de soutien sans équivalent en Europe” avec près de 800 millions d’euros d’investissements des chaînes de télévision en 2012 et des aides publiques à hauteur de 332 millions d’euros, “pour des performances décevantes” et “une efficacité économique incertaine”, avec notamment un secteur de la fiction “peu performant”. “Le système de soutien à la production audiovisuelle peine à faire émerger des entreprises d’envergure internationale et des oeuvres exportables”, tandis que les leviers de l’aide publique “ont été orientés vers un soutien quantitatif à la production davantage que vers l’aide à la création”, juge-t-elle. Ainsi, la Cour propose notamment de “relever le seuil d’accès au soutien automatique” afin de “favoriser la consolidation du secteur” ou de “prendre en compte les résultats obtenus par les programmes aidés dans l’octroi du soutien automatique du CNC”.

