François Pellissier, directeur des sports de TF1, détaille le dispositif de ses chaînes pour l’Euro 2016, et la logique de groupe qui en découle.
Pour TF1, quels sont les critères d’un Euro réussi ? [private]
Pour avoir un bel Euro, il faut déjà que cela se passe bien. À la fois pendant la compétition, et que techniquement, tout soit mis en place. Ensuite, il faut que cela prenne, que les Bleus soient au rendez-vous. Nous y croyons tous.
Vous avez prévu un grand concert d’ouverture le 9 juin, avec notamment David Guetta…
Effectivement. Nous avons déjà fait plusieurs concerts en salle, et en extérieur, nous avons déjà fait la Fête de la musique. Mais là, c’est une première. Le tout sera produit par Électron Libre et sera diffusé en direct. 80 000 personnes seront au pied de la Tour Eiffel, cela va être une énorme fête. Et nous serons peut-être repris dans d’autres pays.
Avez-vous des craintes concernant la sécurité ?
Je fais confiance aux pouvoirs publics et à l’organisation de l’Euro. Tout le monde y pense, mais tous les moyens sont mis pour que l’on ait la meilleure sécurité possible autour de l’événement.
Comment vivez-vous le fait de ne pas diffuser la finale ?
Il n’y a pas d’histoire de couleuvre à avaler ou autre. Nous avons vraiment essayé de faire deux lots équilibrés pour que celui qui n’avait pas la finale soit le moins déçu possible. En l’occurrence, nous aurons plus de matches de l’équipe de France et une demi-finale, donc il n’y a pas de déception. Nous sommes supporters des Bleus. S’ils vont en finale, tant mieux. Nous nous différencions par bien d’autres moyens. Nous aurons par exemple deux fois plus de matches, la soirée d’ouverture le 9 juin, une soirée spéciale le 10 juin, un partenariat avec l’équipe de France, une équipe de consultants formidables…
Programmer un match sur TMC, est-ce le moyen de faire monter cette chaîne en puissance avant la rentrée ?
Oui, c’est un moyen de mettre la chaîne en avant et de se dire que nous testons des choses, que nous regardons comment cela va marcher. C’est plutôt une bonne idée de le faire, cela n’a jamais été fait auparavant.
Quel sera le contenu supplémentaire apporté par le digital ?
Le numérique est complètement intégré dans notre dispositif. Notre site dédié sera lancé le 1er juin, et tous les matches en direct seront repris avec des instant replay et des highlights notamment.
On imagine que Christian Jeanpierre est déçu à l’idée de commenter un nombre minoritaire de matches…
Il ne s’agit pas de remplacer Christian Jeanpierre, mais de renforcer l’équipe des sports. Ce qui est important, c’est ce que nous offrons au téléspectateur. Nous avons désormais deux équipes de commentateurs sur l’Euro et deux équipes sur la Coupe du monde en 2018. Avant, nous faisions appel à Eurosport. Mais nous n’en sommes plus actionnaire.
Par rapport aux précédentes éditions, cet Euro 2016 marque-t-il un virage dans votre logique de groupe ?
Oui, bien sûr. Notre stratégie aujourd’hui, et elle a été renforcée par l’arrivée de LCI en clair, est de déployer l’ensemble des droits que nous achetons sur toutes nos antennes.
C’est nécessaire face à la concurrence…
Ce n’est pas nouveau. Cela fait des années que nous diffusons les plus grands évènements sur TF1. Le deal que nous avons conclu avec la Fifa en début d’année en est révélateur. Mais il faut savoir faire les bons choix car nous ne pouvons pas tout faire. A nous d’être opportunistes quand nous pouvons l’être. Concernant la concurrence, je ne suis pas là pour juger des différentes stratégies.
Quels seront les rendez-vous sportifs à venir après l’Euro 2016 ?
Déjà, nous avons tous les matches de l’équipe de France dont les qualifications pour la Coupe du Monde 2018 qui vont commencer en septembre. Il y a également 16 matches avec la Coupe des confédérations en Russie l’année prochaine, et pour la première fois, la Coupe du monde féminine en 2019, qui se joue d’ailleurs en France. [/private]
Propos compilés par Adrien Briand


