C’est un phénomène très rare en télévision. Selon le site de BFM Business révélant une information émanant d’un document interne, la chaîne publique France 4 a vu, en 2014, son chiffre d’affaires publicitaire chuter de 43%, se retrouvant à 6,8 millions d’euros. Cette forte baisse a continué cette année, puisque les recettes publicitaires brutes ont à nouveau chuté de 18%, se retrouvant à 7,5 millions d’euros, d’après l’institut Kantar qui ne tient pas compte des « ristournes accordées aux annonceurs par la régie ». Fin mars 2014, une nouvelle grille des programmes a été mise en place scindant la journée en deux parties pour deux publics différents : la journée pour les enfants, avec des séries et des dessins animés, et le soir pour les jeunes adultes, avec des séries, des films et des programmes innovants. Mais cette nouvelle ligne éditoriale ne semble pas non plus porter ses fruits, comme l’indique le rapport de gestion cité par BFM Business : « Le remplissage des écrans publicitaires de France 4, impacté par le changement de grille opéré en 2014, a reculé de 16 points en 2014 par rapport à 2013. » En recul elle aussi, la part d’audience de la chaîne, qui baisse de 0,1%, passant de 1,7% à 1,6% depuis la nouvelle grille, alors qu’une légère augmentation s’est faite sentir sur le premier semestre 2015. Cette chute peut aussi être expliquée d’une autre manière. Depuis 2014, le volume de la publicité est plafonné dans les plages réservées aux enfants, soit pour l’essentiel de la journée. Ce plafonnement a été demandé par Lagardère en 2014, au moment de la cession par France Télévisions de 34% de Gulli. S’il n’est pas respecté, des pénalités financières pourraient être infligées au groupe public. Tiphaine de Raguenel, directrice de l’antenne de France 4 l’avait confirmé au micro d’Europe 1 en octobre 2014 : « Nous ne pouvons plus commercialiser l’ensemble de nos espaces publicitaires, donc nécessairement, il y a une baisse mécanique. Nous sommes dans un cadre très contraint sur la commercialisation de nos publicités ». Selon une autre source interne, ce plafonnement est « temporaire et dégressif », la conquête d’audience est « évidemment très progressive », bien que « constante sur les publics 4-14 ans depuis le repositionnement ».


